| By Luís Pinheiro,
on 21-05-2009 21:42
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Etienne Krähenbühl (n. 1953 Vevey-Suiça) expõe “Memobiles” na Galería Joan Gaspar em Madrid (Espanha), até 31 de Julho. Nas esculturas que o artista apresenta o som e o movimento incorporam uma matéria estática na aparência. Krähenbühl parte da observação da sociedade e dos fenómenos e, através de um trabalho de descoberta pessoal, recria e sintetiza sentidos da Natureza. Em “Memobiles”, as peças ressoam internamente na representação do observador. Publica-se a seguir entrevista realizada ao artista.
Pour vous (l’artiste), quel(s) rapport(s) existe-t-il entre le son et la matière? Le son s’est inscrit dans mon travail après l’utilisation du mouvement ainsi que le contraste entre le fer corrodé et oxydé, et le son critalin qui s’en dégage. Les potentialités des sonorités mises en mouvement ajoutent le caractère de rythme, de respiration et de pulsion que j’explore actuellement. Le son ou silence fait partie intégrante de ma démarche. La sculpture est-elle expression de la musique? Il n’y a aucune volonté de reproduire des mélodies ou d’accorder les pièces pour faire des rapprochements avec des univers existants, mais il est indéniable que les sculptures sont musicales. Au XXème siècle, les arts de l’espace (peinture, sculpture) se sont développés dans la relation avec celles du temps (théâtre, danse, littérature, cinéma). Dans votre œuvre, le temps enferme une énergie potentielle qui va être «libérée» par l’observateur. Quels secrets enferme encore la Forme? La forme est réduite en une géométrie simple, carré, rectangle, cercle. La forme est constituée d’éléments, ce sont les intervalles entre ces éléments qui vont permettre le mouvement. Il y a deux temps, Un arrêté immobile, L’autre en mouvement en changement perpétuel. Le retour à la position arrétée s’apparente à la mémoire. Les secrets sont inscrits dans la matière, matière atomique, mémoire de forme et supra-conducteur. Et la matière? Quelles propriétés elle cache? La matière se partage en deux monde. L’un qui s’inscrit dans la trace, l’usure, la corrosion, l’oxydation, issu de la terre. «Mémoire du temps qu’il fait sur le temps qui passe» (EK). L’autre, matière créée et organisée par l’homme, qui va engendrer les structures jusqu’à en agencer la disposition des atomes. Le contraste des deux, ne peut se lire que dans le mouvement. La mémoire de forme est un changement de phase. Il s’apparente à notre condition d’être humain. Quel est le point de départ pour vos travaux? Une musique? Un poème? Ou quelque chose de plus flou comme une vision ou une audition interne? Il est multiple mais de plus en plus lié à l’observation de phénomènes et de sociétés. Je sens comme un fil, une ligne qui se tend et je poursuis avec passion et ténacité ces concepts liés à l’essence des choses. Vides, vibrations, mouvements, matières. Le développement de vos travaux se fait dans une relation directe avec la matière, à travers une évolution physique de l’œuvre, ou par un procès interne où la poétique et le conceptualisme se trouvent présents? Une observation ou une question. Relation entre la terre-matière et le ciel-esprit. La matière est partout présente, condensée ou infime. Elle est constitution de mon travail et de mon aventure mais elle n’est pas un but, elle est un outil. Elle ne peut que véhiculer mes idées conceptuelles et poétiques. La poésie est un mode qui me touche, me parle et me permet de m’exprimer. Cela n’est pas définitif car cela évolue tout le temps. En quelque sorte, c’est quelque chose qui fait partie de moi mais qui m’échappe. C’est le lien qui me relie aux autres, un language d’images et de matières chargées de sens. J’explore toutes sortes de chemins pour créer une sculpture. Maquette, dessin ou simple imagination, mode sériel et expérimental. Maintes fois, votre travail entre en relation avec les propriétés de la matière. La recherche scientifique est-elle importante pour vous? De quelle manière elle influence le développement de votre travail? Après 10 ans de collaboration avec un physicien, il est clair que j’ai développé un regard et une approche, un déplacement, une autre perspective, d’autres questions. La possibilité d’utiliser des matériaux qui n’ont jamais trouvé ancrage dans notre société est extrêmement intéressant. La découverte des AMF (Alliage Mémoire de Forme) a bouleversé mon approche de l’art et même de ma vie. Car elle me permet grâce à un apprivoisement long et patient de surperposer les phénomènes aux comportements. Une relation avec les autres. Les rythmes créés dans vos travaux dépendent non seulement de la répétition des éléments formels mais aussi de la présence d’un sens musical dans la composition. Vous les pensez en tant que musiques? Non, pas en tant que musiques mais en sensations, souffles, vibrations, séquences, pulsations, proches du monde mnéral, végétal, animal ou humain. La musicalité est un grand plus mais pas un but en soi. Quel est le rôle de l’art publique pour vous? L’art doit confronter directement n’importe quel spectateur ou se diriger uniquement au «connaisseur»? J’aime aborder l’art publique mais il n’est jamais un but, il est une étape. Si j’aime l’art publique, c’est que mon expression s’éclate dans la monumentalité et par ce fait, sort souvent du domaine du privé. Mon travail, par son aspect universel, touche les gens dans toutes les couches de la société. Le public est-il important pour vous? Vous y pensez pendant votre création artistique ou même après? Bien sûr que le public est important, car c’est source d’échanges, de confrontations, de critiques et d’amour. Mais le travail, la recherche est solitaire. A aucun moment le public n’intervient dans la création d’une pièce. Vous questionnez les transformations/mutations de la Matière/Être Humain et la Symbologie Traditionnelle est présente dans les œuvres que vous réalisez. Vous considérez important le rôle qu’elles (vos œuvres) peuvent avoir dans «le réveil» des observateurs? C’est toujours un émerveillement de voir un regard s’ouvrir, un visage s’illuminer, une personne réagir. Il est vrai que s’il ne se passait rien, ce serait triste. Mais dans mon travail actuel, peu de personnes restent indifférentes. Quelque part, mon cheminement va en deça d’une réaction ou d’un éveil. C’est une recherche. Quelle est l’importance que vous sauvegardez à la poétique dans vos travaux? Je suis particulièrement sensible à la beauté de notre nature qui renferme tant de trésors, de diversités. J’aime rattacher cette beauté à la recherche de nouveaux horizons. Yveron, le 14 mai 2009 EK |